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Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse
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La religion dans la sphère publique : perspectives interdisciplinaires à travers les provinces canadiennes

La Chaire à tenu un important colloque du 4 au 6 novembre 2010, en collaboration avec Lori Beaman, directrice du Grand projet de recherche concerté sur la religion et la diversité. Une publication est en préparation (University of Toronto Press).

colloque

Lori Beaman et

pdfProgramme du colloque (PDF ; 164 Ko)

Sur les débats ayant trait à la diversité religieuse, le Québec s’est démarqué par la nature très publique de ses débats, notamment sur la question des accommodements raisonnables. Pourtant, toutes les régions canadiennes sont concernées par des défis importants sur ces enjeux. D’où la tenue d’un colloque, à l’Université de Montréal, qui regroupa du 4 au 6 novembre 2010, des chercheurs provenant des plusieurs disciplines – sociologie, anthropologie, sciences politiques, théologie, et droit – avec comme thème La religion dans la sphère publique : perspectives interdisciplinaires à travers les provinces canadiennes.  Ce colloque avait pour objectif de cerner les situations différentes à travers le pays, par le biais d’études de cas et d’analyses théoriques.  Organisé par la titulaire de la chaire religion, culture et société, Solange Lefebvre, il constitue le premier événement organisé à Montréal dans le cadre du projet des Grands travaux de recherche concertée sur la diversité religieuse au Canada, dirigé par Mme Lori Beaman de l’Université d’Ottawa. 

En ouverture, Lori Beaman et Marie-Claire Foblets, directrice d’un projet similaire en Europe, ont offert des perspectives fondamentales sur la question. Mme Beaman a expliqué les grands axes de son projet réunissant trente-six chercheurs, et proposé une discussion sur les rapports entre le droit et la société civile, lorsque des discriminations pour des motifs religieux sont en cause.  Elle craint que la perspective proposée par les co-présidents Bouchard et Taylor, dans leur rapport final de la commission québécoise sur les pratiques d’accommodement, soit trop étroite sur ce point. En différenciant les négociations informelles et juridiques des accommodements de manière aussi tranchée, on risque de priver les individus victimes de discrimination de médiations juridiques objectives nécessaires. Mme Beaman ne croit pas qu’il soit juste et opportun de lancer le signal selon lequel la négociation informelle est toujours préférable. Représentée par le professeur Jean-François Gaudreault-Desbiens (Faculté de droit, Université de Montréal), Mme Foblets n’a pu être présente, puisqu’elle présidait une commission en Belgique, sur la gestion de la diversité, et dont le rapport devait paraître au même moment que le colloque.  Le professeur Gaudreault-Desbiens a présenté son texte portant sur le projet européen comparatif RELIGARE.  Ce projet doit en trois ans aborder plusieurs questions juridiques épineuses quant à la gestion de la diversité religieuse, dans un contexte d’immigration important dans plusieurs pays d’Europe, notamment dans le champ du droit du travail et du droit de la famille.  

Les 5 et 6 novembre, des sessions seront menées devant un groupe de collègues et d’étudiants invités. Une première session réunit Peter Beyer et Solange Lefebvre, qui présentent tous deux les résultats d’enquêtes qualitatives. Beyer mène un projet sur les jeunes adultes, immigrés de deuxième génération, dans cinq centres urbains : Vancouver, Calgary, Toronto, Ottawa, Montréal, Saint-Jean. Des entrevues de groupe ont réunis plusieurs jeunes adultes d’ethnies et de religions différentes, portant sur leur perception du multiculturalisme et de la liberté religieuse au Canada.  Selon les premières analyses, le premier est généralement apprécié, alors que la religion suscite des réactions plus ambivalentes, selon les groupes.  Lefebvre consacre sa présentation à une enquête qu’elle a menée sur la diversité religieuse dans le secteur privé. Elle observe que le rapport Bouchard-Taylor ne s’est centré que sur les institutions publique et parapubliques, de même que sur les organismes communautaires, d’où la question suivante : “Où en est l’entreprise privée en regard de la gestion de la diversité culturelle et religieuse?”

Jean-François Gaudreault-Desbiens emploiera un contentieux judiciaire datant de 2009, qui impliqua les frères Huttériens et la province d’Alberta, pour montrer la complexité de la délibération de la cour suprême du Canada. Ce cas fera couler beaucoup d’encre et de salive en raison de sa sensibilité. Eisenberg converge dans le même sens que le précédent, lorsqu’elle présente le cas d’une minorité religieuse qui croit à la polygamie en Colombie-Britannique. Parmi les questions qui seront soulevées, figure celle remettant en cause l’impartialité de la cour : comment la cour pourra-t-elle évaluer de façon équitable un cas aussi controversé alors que celle-ci hérite d’un passé où discrimination et persécution sur les minorités ont été perpétrées?

Fournier et See présenteront à leur tour un sujet qui a été très médiatisé et continue d’être d’actualité: la législation Québécoise 94 et ses conséquences disproportionnées négatives sur les femmes religieuses portant le niqab. Cette loi oblige ceux et celles qui offrent et reçoivent des services publiques dans la province québécoise d’être « à visage découvert ». Pour Fournier, l’interdiction du niqab dans la place publique aura un rôle néfaste pour celles pratiquant l’Islam. Ces femmes seront privées de prendre part à toutes les opportunités offertes au Québec. Le sécularisme, soutient-elle, est ici manifesté par l’obligation faite aux femmes de pratiquer leur religion dans la sphère privée. La session suivante sera faite par David Seljak, évoluera dans la même direction que les précédents, disant que le sécularisme faisait parti du problème au lieu de contribuer à la tolérance religieuse dans la sphère publique. Le Canada et le Québec, appuie Seljak, devraient s’ajuster de ses biais hérités du 20e siècle vers une société post-séculaire.

Originaire des Maritimes, Paul Bowlby continua dans la même lance que Seljak, adressant la question de la sécularisation dans les Maritimes. Se focalisant sur trois angles publics (éducation, aumônerie, et œcuménisme), Bowlby va suggérer une réévaluation de la théorie de la sécularisation.

Pour Paul Allen, la théologie et les études religieuses ont une part importante dans les débats religieux que traverse la société canadienne. Il soutient que l’éducation de la société soit une façon de limiter l’ignorance religieuse, qui est l’une de base de l’intolérance à l’égard d’autres religions. La question éducative fut aussi abordée par d’autres, dont Nancy Nason-Clark et Rubina Ramji, qui vont s’appuyer sur des exemples concrets.

Nason-Clark, qui abordera de la question des violences conjugales et de la foi communautaires, appert que les organismes communautaires ont besoin d’une assistance éducative en raison de leur place première pour aider les victimes des ces violences. Elle va plus loin, un pont est nécessaire, qui va relier les victimes religieuses et ceux apportent l’aide.

Les musulmans qui grandissent au Canada n’ont pas les mêmes sources d’éducation de leur foi. Ramji affirmera que la communication des réseaux va influencer plusieurs dans la quête de la connaissance de leur foi. Elle convient de dire que internet joue un rôle informative de place pour plusieurs musulmans, en particulier ceux et celles de la deuxième génération d’immigrants vivants à Toronto, Ottawa, et Montréal. En parlant des immigrants, deux panelistes – Margarita Mooney et Yolande Cohen – vont parler respectivement sur (1) la communauté Haïtien ne de Miami et Montréal, et (2) les juifs marocains de Montréal. Les immigrants Haïtiens, explique Mooney, sont plus proches de leurs communautés religieuses et leurs dirigeants pour une assistance à l’adaptation que le gouvernement. De plus, au lieu de contribuer dans l’épanouissement des ces immigrants dans leur terre d’accueil,  le gouvernement va marginaliser ces organismes communautaires par des lois contraignantes. Cohen présentera le rôle de la communauté dans l’intégration des nouveaux immigrants – parlant ici des juifs marocains. Elle s’attardera également sur la transmission culturelle.

Patrice Brodeur abordera sous un angle original les questions d’études ici dans sa présentation, sur le thème qu’il définira “ dialogue interreligieux”. Brodeur affirmera que le Canada, qui aura prit du retard dans l’implication des religieux dans le dialogue interreligieux, prend du prend à petit pas du terrain dans la scène internationale, par l’entremise de ses interventions dans les Nations Unies. Dans la même veine, mais légèrement différente, Clark Banack amènera l’audience à comprendre quel rôle joue la religion dans l’idéologie politique. Il va se limiter sur le cas du parti conservateur dans la province Albertine. Il montrera dans sa présentation comment ce parti appuiera des lois à connotations plus religieuses.

En conclusion, ces présentations seront récapitulées par Beaman, qui prit le temps de remercier les différents conférenciers pour leurs contributions dans la compréhension d’un sujet aussi complexe que d’actualité. Valérie Amiraux apportera aussi une dimension intéressante pour les défis que traversent les chercheurs dans (1) la définition et la délimitation des perspectives comparatives, et (2) l’obtention des certificats d’éthiques.