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Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse
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Stéphanie Gravel

Biographie

Titulaire d’un baccalauréat en sciences religieuses et d’un certificat en psychologie décernés par l’UAQM respectivement en 2001 et 2007, et d’une maîtrise en théologie décernée par l’Université de Sherbrooke en 2006, je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de l’enseignement de la culture religieuse. En plus d’avoir été responsable des sciences religieuses aux CEGEP Jean-De-Brébeuf et André-Grasset de 2004 à 2007, mes différentes charges de cours en sciences des religions à l’Université de Montréal ainsi que mes contrats d’auxiliaire d’enseignement à la même faculté m’ont permis d’expérimenter les enjeux et les défis de l’impartialité professionnelle. De plus, de 2006 à 2009, la FEEP et le MELS m’ont nommée responsable du programme ECR pour toutes les écoles privées au Québec. J’ai donc formé environ 1000 enseignants du primaire, du secondaire et des écoles en adaptation scolaire, ainsi que plusieurs cadres des écoles privées québécoises.  Je poursuit actuellement un doctorat en sciences des religions à l’Université de Montréal sous la direction de Solange Lefebvre, où il est question d’approfondir sur l’épineuse question de l’impartialité professionnelle du programme E.C.R. En 2008, j’ai obtenu une bourse du FQRSC pour financer mon projet, et en 2013, une bourse du Groupe international de formation à la recherche sur la diversité. Cliquer ici pour en savoir plus sur mon projet de recherche.

Projet de recherche

Titre : L’impartialité et le programme d’Éthique et culture religieuse. La mise en pratique de l’impartialité professionnelle d’enseignants du secondaire et ses défis pédagogiques.

Directrice de recherche : Solange Lefebvre, sciences des religions
Co-directrice : Roseline Garon, sciences de l’étucation

La mise en place du programme québécois non confessionnel Éthique et culture religieuse (2008) dont les finalités veulent respecter la liberté de conscience et de religion (article 2, Chartes québécoises et canadiennes, 2005; article 18, Charte des déclarations universelles des droits de l’homme de l’ONU) a culminé dans des poursuites judiciaires.
Fait intéressant : les détracteurs du programme, comme ses défenseurs, invoquent les principes de la liberté de religion, la neutralité du cours et l’impartialité de l’enseignement pour justifier leur position, mais en y conférant un sens différent (Maclure, 2008). L’objectif général de recherche est d’analyser l’impartialité tel que défini dans le programme non confessionnel québécois Éthique et culture religieuse, les pratiques de quelques enseignants du secondaire quant l’impartialité et quelques impacts éducatifs identifiables.  Ainsi, nous espérons répondre au moins en partie aux questions suivantes : Quelles sont les caractéristiques, facteurs et critères de l’impartialité des enseignants d’un cours non confessionnel des religions? Comment se met-elle en pratique dans le programme Éthique et culture religieuse au secondaire (Québec, 2008)? Plus particulièrement, permet-elle de faire connaître et comprendre objectivement les religions sans vraiment influencer la quête de sens des élèves (ex. : les croyances, les valeurs, les visions du monde), tel que visé par le programme québécois?

Afin d’analyser cette question, nous nous livrerons à deux types de données : une analyse de documents gouvernementaux, d’avis et de jugements relatifs au programme ÉCR  et  une étude de cas multiples.   En premier lieu, nous ferons une sélection d’auteurs  réfléchissant sur la posture professionnelle exigée dans le cadre d’un enseignement non confessionnel de la religion et provenant de divers contextes nationaux.  En deuxième lieu, nous procéderons d’abord à une analyse documentaire de la notion de neutralité et d’impartialité présentes dans les documents suivants : le programme Éthique et culture religieuse (2008), le rapport du groupe de travail sur la place de la religion à l'école Laïcité et religions (1999), 2 avis à la ministre de l’Éducation émis par le comité sur les affaires religieuses ( 2006 et 2007) ainsi que les 2 jugements de la Cour supérieure du Québec relative aux demandes d’exemption du programme ECR ( 2009 et 2010).  Dans un troisième temps, nous réaliserons une analyse empirique qualitative (Van der Maren, 1996) dont le but est d’étudier la mise en pratique de l’impartialité de 12 à 14 cas « typiques » et « exemplaires » d’enseignants d’Éthique et culture religieuse du 2e cycle du secondaire à partir d’observations participantes en classe, d’entrevues semi-directives auprès d’enseignants et d’élèves ainsi que d’analyses de documents pédagogiques utilisés dans ces cadres, et ce, dans 4 milieux socioculturels différents. Nos analyses se feront selon une approche inductive (Glaser et Strauss, 1967) qui nous permettra de cerner les liens existants entre l’analyse théorique réalisée en première instance et les données recueillies en deuxième instance. Notre hypothèse est qu’une impartialité comprise dans le sens d’une « absence d’influence » sur les élèves est impossible ; et que certains pratiques d’ « impartialité », telle celle qui se propose comme un silence verbal au sujet de la posture personnelle de l’enseignant, ne suffisent pas à assurer cette impartialité.  Bref, notre thèse compte apporter une contribution à la compréhension d’une juste et réaliste impartialité, par une analyse critique des discours et pratiques en place au Québec.

 

Stéphanie Gravel